Surprise de taille du côté d’Amazon et de sa gamme de liseuses : alors qu’on pouvait s’attendre à une série d’accords avec une poignée d’opérateurs internationaux en vue de réaliser une couverture 3G mondialisée ou du moins pan-européenne, le libraire a visiblement choisi la voie (en apparence) plus simple du roaming pour l’internationalisation du Kindle. En effet, les pages d’accueil européennes d’Amazon annoncent aujourd’hui la disponibilité, à partir du 19 octobre prochain, du Kindle en version internationalisée.
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Cette version internationalisée est un “simple” Kindle v2, avec des caractéristiques tout-à-fait standard (pour rappel, ce lecteur dispose d’une diagonale d’écran de 15 cm (6″) en 600 x 800 pixels et d’une technologie d’encre électronique E Ink® en 16 nuances de gris). Oui, déjà, première chose, il s’agit bien du v2 et pas du Kindle DX. On peut donc oublier, pour l’instant, l’achat de cette liseuse à la taille d’écran plus généreuse, pourtant intéressante.
De plus, cette version dite internationalisée a certainement été pensée pour les utilisateurs nord-américains en situation de nomadisme : clavier QUERTY, adaptateur secteur au format US, en 110-220 V. Sans parler de la librairie de livres électroniques, quasi-exclusivement anglophone. Ceci dit, tout n’est pas négatif : cet appareil pourra très bien être rechargé par câble micro-USB (fourni). De plus, la liseuse ne devrait bien-sûr pas être réservée longtemps aux early-adopters habitués à manier sans effort la langue de Shakespeare. Diverses publications internationales, dont le journal Le Monde, seront bientôt ou sont déjà disponibles.
Passons maintenant au coût de la machine. L’achat et l’utilisation ne se feront pas sans une légère douleur pour le portefeuille. A ce jour, les sites européens d’Amazon renvoient sur Amazon US. C’est directement sur ce dernier site que vous serez invités à acheter votre Kindle international. Pour quel prix ? Pour substantiellement plus cher que les US $279 annoncés par Amazon. D’abord parce qu’il faut rajouter les frais de port, puis les frais de douane. Soit environ US $80 de surcoût. Ouch. Mais ce n’est pas forcément fini. Comme nous l’évoquions dans le 1er paragraphe de cette brève, Amazon a visiblement renoncé à passer de grands accords avec quelques opérateurs internationaux et/ou européens. En conséquence, alors qu’un accord sur les modalités d’utilisation transparente par les Kindle du réseau 3G de ces opérateurs aurait pu être trouvé, il n’en est pour l’instant rien, et les frais de roaming devront être supportés par Amazon, à l’acte. (C’est-à-dire à chaque fois qu’un Kindle accède au réseau de l’opérateur autre que le réseau Sprint EVDO, qui fournit la connectivité Whispernet aux États-Unis.) Ces frais seront-ils répercutés aux utilisateurs internationaux du Kindle ? Bien qu’Amazon s’en défende, en soulignant qu’il n’y a “aucun abonnement, ni aucun engagement” [avec un opérateur de télécommunications], oui ils seront bien répercutés. Dans les faits, Amazon facturera US 1.99$ pour tout téléchargement d’ouvrage électronique depuis le réseau Whispernet. Ce qui représente d’une part un surcoût significatif, et ce qui d’autre part laisse sur le carreau l’accès aux blogs et au navigateur Web, exclus de facto de l’accès international par Whispernet.
Ce choix de pratiquer le roaming n’a pas que des mauvais côtés cependant. La couverture 3G et 2.5G/EDGE est probablement plus intéressante que si quelques opérateurs avaient été sélectionnés. En pratique, il y aura donc très peu de zones grises en France.
Enfin, restera, pour éviter ces frais de roaming, le choix de télécharger les e-books via le câble micro-USB. Mais ce faisant, il faut avouer que le Kindle perdrait ainsi ses qualités distinctives.
Au total, cette annonce semble marquer la volonté d’Amazon d’avancer, rapidemment, en laissant (pour l’instant ?) de côté de possibles accords avec les opérateurs internationaux. Cette méthode sera-t-elle suffisante pour vendre le Kindle à un autre public que le voyageur nord-américain ? Ou est-ce une première annonce pour Amazon, en attendant d’adapter sa stratégie de vente au gré des accords à venir ? A suivre …


