Bonne nouvelle pour la société Française Nemoptic, que nous avions vue présenter son prototype de technologie BiNem® (Bistable Nematic) dans plusieurs salon en fin 2007 et début 2008 [1], [2]. La société, créée en 199 et qui planche depuis sur les encres électroniques, vient en effet d’annoncer qu’un accord de licence a été passé avec le Japonais Seiko Instruments Inc. pour la fabrication d’écrans LCD basés sur la technologie BiNem. Cette signature étend un accord déjà passé en avril 2007. Mais revenons sur la technologie BiNem : qu’est-ce qui la distingue d’un autre type d’encre électronique, de type E Ink® par exemple ?
Suite:
La technologie porte une partie de l’explication dans sa dénomination, BiNem signifiant Bistable Nematic :
- Nematic tout d’abord, fait référence à l’effet de champ Twisted Nematic, qui comme le rappelle Wikipedia, est à la base des technologies à cristaux liquides (LCD) :
La principale innovation dans le développement des afficheurs à cristaux liquides (LCD) fut l’invention et le brevet déposé sur l’effet de champ Twisted Nematic, par M. Schadt et W. Helfrich en 1970. L’effet TN, développé dans les laboratoires d’Hoffmann-Laroche marque une révolution dans la technologie d’afficheurs plats.Contrairement aux LED et autres afficheurs utilisant la dispersion dynamique, contrôlées par le courant, l’effet twisted nematic est basé sur le réalignement précisemment contrôlé de molécules de cristaux liquides entre différentes configurations moléculaires sous l’effet d’un champ électrique.
- Ensuite, Bistable fait de manière générale référence à des systèmes qui, pour une même valeur d’un paramètre (par exemple une tension) peuvent donner deux solutions stables pour une variable de sortie (par exemple une intensité de courant). En pratique, tout comme pour les encres électroniques en général, une impulsion de polarisation permet de passer un pixel à l’état “allumé” ou “éteint” de manière stable, c’est-à-dire sans devoir dépenser de l’énergie pour entretenir cet état.
Bref, BiNem est doublement intéressante, parce qu’elle permet une consommation électrique très faible grâce à la bistabilité, tout comme les encres électroniques de technologie E Ink que l’on retrouve dans beaucoup de liseuses actuelles, mais elle permet également un coût de production très intéressant grâce à sa compatibilité avec les lignes de production de type STN (Super Twisted Nematic). Ces lignes STN sont utilisées pour la production d’écrans LCD classiques.
Seiko destine principalement cette production à venir au marché des étiquettes électroniques (ESL, Electronic Shelf Label) et est en train de finaliser ses lignes de production au Japon et en Chine, pour commencer à produire ce genre d’écran e-paper à une cadence prévue de 100 000 unités par mois.
(Note : oui, l’illustration à gauche n’est pas du tout une étiquette électronique mais un prototype d’écran A4 de liseuse, mais avouez qu’il ferait une belle concurrence à l’iRex Digital Reader !)
Quant à la société Nemoptic, nous en reparlerons sans aucun doute prochainement, car elle possède dans ses cartons de nombreux projets liés aux encres électroniques couleur, dont leur prototype BD 1000 d’écran de 12,75 cm de diagonale (5,1″) à encre couleur.
Enfin, on rappelera que Nemoptic est le chef de file du consortium SYLEN (SYstème numérique de LEcture Nomade), cherchant à développer en France une filière de journaux et de livres électroniques utilisant les technologies françaises du papier électronique. Consortium dans lequel “trempe” au passage également un certain … Bookeen. A suivre !


